Actualité

 

Retour

 Sommaire

Le compte rendu de mandat de Bertrand Delanoë

Maison de l'environnement : ça piétine

 

 


LE COMPTE RENDU DU COMPTE RENDU

Le maire de Paris a présenté le 18 décembre 2003 son compte rendu de mandat à mi-parcours aux habitants du XVIIIe arrondissement. La Salle des Fêtes de la mairie du XVIIIe était bondée. L'auditoire était attentif mais il n'a pas hésité à interpeller Bertrand Delanoë pour lui dire ce qu'il avait sur le coeur (voir aussi dans Lu dans la presse). Des échanges parfois animés, qui ont fait dire au maire de Paris que le XVIIIe arrondissement n'était décidément pas le plus facile (mais qui s'en étonnera quand on connaît les difficultés de quartiers comme la Goutte d'Or, La Chapelle, Château Rouge, le boulevard Ney, la Porte de Clignancourt ou Amiraux-Simplon) ; des échanges toujours maîtrisés et respectueux, cependant, qui ont fait honneur à l'idée de démocratie de proximité, même s'ils sont loin d'avoir apporté toutes les réponses attendues. Voici l'intervention du président de Mieux Vivre au Simplon, Philippe le Gallo, et la réponse que lui a faite Bertrand Delanoë.

 

L'intervention de Philippe Le Gallo

 

"Dans le cadre de votre compte rendu de mandat, nous avons effectué un bilan pour le quartier Simplon dans trois domaines qui nous paraissent essentiels :

"Urbanisme

"Votre engagement de résorber l'habitat insalubre dans le cadre de votre mandature a trouvé un très fort écho dans notre quartier particulièrement concerné par le problème.

"Force est de constater qu'au bout de deux ans et demi, les foyers de saturnisme que nous avions identifiés il y a trois ans sont, pour la plupart, toujours là, alors qu'ils auraient dû faire l'objet d'un traitement d'urgence.

"Le caractère timoré de l'intervention de vos services fait que, loin de se résorber, l'habitat insalubre connaît un nouveau développement.

"La mauvaise coordination entre les sociétés maître d'œuvre et vos adjoints font que des projets ont failli disparaître (l'équipement polyvalent) ou que d'autre sont retardés : tel est le cas du projet de logements en accession sociale à la propriété du secteur Nord – Emile Chaine qui a subi un retard de près de six mois, un de vos adjoints n'ayant pas accordé à temps le financement nécessaire à la SIEMP.

"Nous attendons évidemment beaucoup du lancement d'une opération d'amélioration de l'habitat dégradé.

"S'il n'y a pas un changement de rythme, il est à craindre qu'il faille bien plus d'une mandature pour parvenir à votre objectif.

"Cadre de vie

"Bien que le boulevard Ornano soit un des axes les plus encombrés, les plus bruyants, les plus pollués et les plus dangereux de Paris (voir dossier du Nouvel Obs où le bd Ornano est classé axe noir), aucun aménagement n'est prévu pour cette mandature, alors qu'au Nord du boulevard la porte Clignancourt est en cours de réaménagement et qu'au Sud le bd Barbès va être transformé en 'espace civilisé' - situation absurde s'il en est. Même les propositions visant à assurer la sécurité des piétons, que vous aviez accepté d'examiner, sont restées à ce jour lettre morte.

"Economie

"Les commerces de proximité et les artisans ferment boutique les uns après les autres et rien ne vient les remplacer. Des solutions existent mais, sans cesse retardées, elles risquent d'arriver trop tard pour inverser le processus de désertification en cours.

"Nous savons qu'une Société d'économie mixte (SEM) est mise en place pour procéder à la préemption de fonds. Il est urgent de procéder à quelques interventions ciblées pour inverser le processus en cours."

 

Philippe Le Gallo a conclu son intervention en se référant à celle de jeunes femmes qui s'étaient plaintes, quelques instants auparavant, de ne pouvoir obtenir de logements sociaux après plusieurs années d'attente.

Il a fait valoir qu'il y avait, dans le quartier et ses environs, des dizaines de logements inoccupés propriété de la ville et en attente de réhabilitation ou de rénovation depuis des années. Certains, a-t-il dit, pourraient être très vite rénovés et mis rapidement à la disposition des demandeurs.

 

La réponse de Bertrand Delanoë

 

Transformer le boulevard Ornano en "espace civilisé" au cours de cette mandature, "je ne peux pas ; ça ne serait pas pas correct vis-à-vis des autres arrondissements", a déclaré le maire de Paris.

"Nous ferons des aménagements, pas seulement de sécurité (pour les piétons) mais aussi de cadre de vie ; ça doit aussi être embelli", a-t-il cependant admis, en promettant une concertation.

Le maire du XVIIIe arrondissement, Daniel Vaillant, a assuré quelques instants plus tard qu'il avait "un projet sur le boulevard" mais sans autre précision.

[On peut supposer que Daniel Vaillant faisait allusion aux "aménagements" mentionnés par le maire de Paris. Bertrand Delanoë avait fait valoir auparavant, dans la présentation de son bilan, que le boulevard Rochechouart, entre la place Clichy et le métro Barbès, et le boulevard Barbès, l'un et l'autre dans le XVIIIe, seraient, eux, transformés en "espaces civilisés" au cours de cette mandature. "Il faut penser aux autres arrondissements", avait-il dit. "D'accord pour des aménagements (sur le bd Ornano) ; dans un deuxième temps, j'espère que ce sera aussi un 'espace civilisé'".]

Concernant les logements insalubres, "il me semblait qu'un certain nombre de chantiers avaient démarré, notamment du point de vue du saturnisme", a déclaré le maire de Paris. "Je vais reprendre ce problème de Simplon et on va mettre, s'il le faut, plus de moyens."

Bertrand Delanoë a indiqué qu'il ne disposait, en tant que maire, "d'aucun moyen en matière de commerce" et que c'était la raison pour laquelle il avait décidé de créer une SEM, "qui achètera et louera des locaux commerciaux pour promouvoir la diversité des commerces et l'équilibre de l'offre".

De façon générale, Bertrand Delanoë a promis de veiller "autant que possible" à l'accélération et à la transparence des calendriers.

Le commentaire de MVS

La nouvelle SEM spécialisée dans le développement économique et commercial aura des périmètres d'intervention privilégiés, comme Château Rouge ; le maire de Paris n'a pas dit si le quartier Amiraux-Simplon pourrait en bénéficier  mais c'est évidemment un point auquel l'association veillera ; c'est un dispositif qui nous paraît en effet très intéressant ; il était même grand temps qu'il soit mis en place.

"On ne nous motivera pas plus en disant que ce qui est fait n'existe pas", a rouspété Bertrand Delanoë face aux impatiences des habitants du XVIIIe arrondissement et particulièrement du quartier Amiraux-Simplon.

Il n'est pas du tout dans notre propos de dire que "rien ne se fait" ou que ce qui se fait "n'existe pas", bien au contraire. Ainsi l’intégration dans le périmètre de rénovation de sept immeubles insalubres et le vote du projet d’équipement polyvalent de quartier sont bien à mettre au crédit de l'actuelle équipe municipale. Mais pour le reste, force est de constater que ce qui se réalise dans notre quartier découle essentiellement de décisions prises sous l'ancienne municipalité, même s'il a fallu le coup de pouce de l'équipe actuelle pour faire sauter quelques blocages, ce qui en dit d'ailleurs long sur les lenteurs d'une rénovation dont on parle depuis presque deux décennies. Quant au boulevard Ornano, Bertrand Delanoë a lui même reconnu qu'il avait déjà promis il y a un an des aménagements de sécurité pour les piétons ... que nous attendons toujours.

Affaire à suivre, donc, en espérant que les déclarations seront suivies d'actes.

 

 Sommaire


Maison de l'Environnement : ça piétine

 

Le projet de Maison de l'Environnement piétine, malgré quatre réunions.

La dernière en date a eu lieu le 18 février 2004, à la mairie du XIXe arrondissement. Parmi les associations présentes, outre Mieux Vivre au Simplon, figuraient les Jardins d'Eole, Education environnement IdF, Jeunesse et plein air IdF, Association La Chapelle, Espace 19, les Amis de la terre de Paris, Graine de jardin, Porte des Lilas Demain, l'Ilot lilas, les Petits Débrouillards, etc. avec une prépondérance des associations du XIXe.

Côté municipalité : Olivier Raynal, adjoint au maire du XVIIIe chargé de l'environnement, son homologue du XIXe et des administratifs.

Il ressort de cette réunion que la Maison de l'Environnement sera une fédération d'associations avec pour objectif premier la formation et la motivation au respect de l'environnement.

La mairie fournira les locaux (600 m2) mais rien d'autre en principe (pas d'animation, ni de fonds pour le fonctionnement). L'accord définitif pour débloquer les fonds pour les travaux n'est pas encore officiel.

Autres sujets abordés :

- prise en charge par la ME d'activités du quartier : rien n'est prévu.

- reprise des propositions de questionnaires aux associations, aux particuliers et aux écoles : le questionnaire aux associations doit être entièrement refait, les autres sont supprimés.

- reprise des propositions de statuts : des modifications sur les buts et actions de la ME doivent être apportées.

- prochaine réunion : date non encore déterminée.

Il semble donc que la mise en place de la Maison de l'Environnement demandera beaucoup de temps : ce n'est actuellement qu'un concept, il n'y aura pas de « ponts » entre l'administration et les associations qui y participent, donc pas de moyen de pression dans le sens associations-administration. On peut même se poser la question de savoir si ce n'est pas simplement de la poudre aux yeux.

Pourtant, l'objectif de formation et d'information est louable.

Avant cette réunion, MVS avait fait parvenir à Olivier Raynal les remarques suivantes (qui n'ont à ce jour pas reçu de réponse) :

- Selon les statuts et le contenu des questionnaires, la ME n’aurait aucun moyen pour  centraliser les données existantes mais éparses concernant l’environnement écologique des quartiers (pollution de l’air, nuisances sonores, propreté, statistiques d’accidents de la circulation etc.) ; les moyens prévus ne comportent que des moyens pédagogiques généraux ; cette information ciblée serait pourtant un moyen efficace pour motiver la population.

- La ME ne semblerait avoir aucune possibilité de faire remonter aux pouvoirs publics les désirs de la population concernant l’environnement des quartiers ; il est possible que ce relais existe déjà mais les résultats ne s’en font pas bien sentir et une centralisation sur trois arrondissements pourrait être un moyen pour les habitants de se faire entendre.

- La ME n’aurait pas de moyens pour informer les habitants de l’évolution des actions environnementales demandées par les citoyens et approuvées par les pouvoirs publics  ; ce cadre restreint risque d’amoindrir la motivation des adhérents.

- Si la ME n’est qu’un élément fédérateur de personnes physiques et morales, sans possibilité de débat et d’information, tant vers le public que vers les élus, elle risque de devenir une simple courroie de transmission pour les pouvoirs en place.

- La composition du conseil d’administration ne nous semble pas claire et nous n’avons pas vu de liste des membres fondateurs

 

Si vous avez des attentes particulières ou des propositions à faire concernant la ME merci de nous les envoyer par e-mail le plus rapidement possible en cliquant ici :

Une synthèse de ces suggestions sera transmise à la municipalité. Affaire à suivre, donc ; à bientôt pour de nouvelles informations ...

 

Pour consulter les documents relatifs au projet

de Maison de l'Environnement, cliquer ici

box_open.gif

 Sommaire