Pas si Sauvage ...

L’immeuble à gradins d’Henri Sauvage

et la piscine des Amiraux

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Une pièce maîtresse du patrimoine architectural du quartier Amiraux-Simplon

 

(13, rue des Amiraux  -  6, rue Hermann Lachapelle )

 

L’histoire de cet immeuble, dont la construction, commencée en 1922, fut achevée en 1928, s'inscrit dans celle du logement social.

 

Quand les pouvoirs publics comprennent qu’il est nécessaire de financer l’habitation collective, qui manque cruellement à Paris, la municipalité, des sociétés anonymes, des sociétés philanthropiques deviennent constructeurs d’habitations subventionnées, à côté des investisseurs privés qui réalisent des immeubles de rapport.

 

Les conceptions "hygiénistes" sont alors dans l’air du temps. La conception du logement social est devenue matière à réflexion pour certains architectes : la rue « corridor », étroite et sombre, était de plus en plus contestée et il fallait parfois éclairer toute la journée. Faire entrer l’air, la lumière, le soleil, dans l’habitat devait améliorer les conditions de vie.

 

On expérimenta les immeubles à cour, les immeubles à redans le long de la « ceinture des maréchaux », notamment ceux que la municipalité parisienne construisait de part et d’autre de la porte de Clignancourt.

 

Ces programmes donnaient lieu à des concours d’architectes qui rivalisaient d'imagination pour améliorer les conditions d'habitation, pour concevoir des aménagements intérieurs et des distributions des pièces modernes. L’aspect extérieur de l’immeuble, son implantation en fonction des espaces publics, de la rue, de la cour, parfois du jardin, sont étudiés dans toutes les variantes, dans le cadre budgétaire limité du logement subventionné.

 

C’est dans ce contexte d'émulation et de recherche qu’Henri Sauvage participa, avec son associé Charles Sarrazin, à différents concours pour la Mairie de Paris. Et en 1922, il commence le chantier de la rue des Amiraux. Les premiers locataires emménageront en septembre 1925. La piscine ne sera inaugurée qu'en 1930.

 

Henri Sauvage avait travaillé dès 1909 sur la formule de l'immeuble à gradins, pour tenter de renouveler le gabarit des rues parisiennes. Il expérimente ce nouveau concept à travers des projets d’habitation, de garages, d’hôtels, voire même de ville entière, dans des projets avant-gardistes.

 

Il réalise en 1912 sa première application de l’habitat en gradin rue Vavin, mais la réalisation de la rue des Amiraux est plus aboutie car elle propose un immeuble à gradin sur l’îlot complet. De plus, le programme de la rue des Amiraux comprend un équipement collectif : le vide intérieur de la pyramide abrite une piscine (qui a servi de décor à une scène du film "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain").

 

C’est aussi par la remise en question de l'ornementation, qui fait suite à la période de l’art nouveau, que ce bâtiment est un précurseur du mouvement moderne ; l'immeuble apparaît dans la simplicité de son habillage en carreaux « métro », qui met ainsi en valeur ses volumes.

 

Autre nouveauté pour l‘époque, cette fois-ci au plan structurel : le bâtiment est construit avec une ossature de poteaux et de poutres en béton armé.

 

Toutes ces innovations font de cet immeuble un phare, non seulement de l'architecture du XXe siècle mais aussi de Paris et du quartier Amiraux-Simplon, dans lequel il trouve toute sa justification.

 

En effet, on ne peut isoler cet immeuble de son environnement pour l’appréhender dans ses dimensions esthétique, historique, culturelle et sociale. Après les constructions de faubourg du XIXe siècle, ce quartier s’urbanise au début du XXe dans l'esprit haussmannien, avec les immeubles de rapport de la rue du Simplon mais aussi avec les HBM, habitations "hygiéniques" à bon marché. On y travaille, on y habite, on y vit ; cafés, hôtels, cinémas, piscine sont des équipement très appréciés et font l'identité de ce quartier populaire, avant qu'il ne soit totalement négligé par les pouvoirs publics dans les années 1980-90 et plonge dans un profond déclin.

 

L'immeuble a été classé monument historique en mars 1991.

 

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Si vous voulez en savoir plus sur la piscine des Amiraux, rendez-vous sur http://www.75018.org/piscines

Ces images sont l'oeuvre d'un jeune photographe, DAVID BENOIT

(à l'exception de celles marquées DR)

 

 

 

 

 

 

 

 

Coupe de l'immeuble du 13, rue des Amiraux (DR)

 

 

 

La piscine des Amiraux (DR)

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