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RECHERCHE LOCAL DESESPEREMENT(13 mars 2004) Artiste libre depuis plusieurs années, vivant dans le quartier Amiraux-Simplon et travaillant à mon domicile, je décide de donner une structure plus professionnelle à mon activité (propre et non bruyante) et de prendre un local pour exercer mon artisanat et recevoir les clients sur rendez-vous. Fort de toutes les garanties et compte tenu du nombre de rideaux de fer baissés dans nos rues, je crois naïvement que la recherche d’un lieu qui me convienne sera un jeu d’enfant ; peine perdue !!! Malgré les nombreux commerces vacants et l'état sinistré de certains secteurs de notre quartier, les exigences des agences immobilières sont exorbitantes (une caution bancaire d'un an de loyer bloquée sur la durée du bail) pour des locaux pas toujours aux normes, où tout est à refaire, dans des rues (rue du Simplon, par exemple) très peu commerçantes ! Et il faut "pleurer" pour avoir un rendez-vous tant ce type de produit est considéré comme quantité négligeable par ces agences. Et que dire de certains agents qui vous toisent, vous prennent par l’épaule avec condescendance et vous font gagner la sortie de leur bureaux (rue Marcadet ...). Ou pire, qui ne daignent même pas vous répondre alors que vous venez vous renseigner. Il m'arrive de laisser des messages aux numéros de téléphone indiqués sur les vitrines mais personne ne me rappelle ( rue E. Süe par exemple). Quant au 10, de la rue de la Fontaine aux Buttes, essayez donc de vous enquérir d'un local à louer par téléphone : on vous demandera si vous êtes "Français de souche" ! A Notre-Dame-du-Bon-Conseil, on m'affirme qu'on priera pour moi mais ce n'est pas un lieu pour laisser des petites annonces immobilières sur le panneau de l'entrée. Encore faut-il croire au Saint-Esprit, ce qui est mon cas, mais pas pour le même usage !!! Les charmantes crémières de la rue E. Dijon ont en revanche accepté que je laisse une petite annonce dans leur commerce. Je crois beaucoup au bouche-à-oreille dans ces circonstances. J’en ai laissé une deuxième sur les panneaux d’ Intermarché. Sur Internet, il n’y a pas grand choix dans les surfaces et les prix qui me conviennent. J’avais pourtant une piste. Mais après une première visite satisfaisante, le matin du deuxième rendez-vous, le propriétaire me laisse un message sur mon portable à 6h30 du matin (il était assuré de ne pas à avoir à s’expliquer en direct) pour annuler ! Je me rends au cadastre pour obtenir les coordonnées des propriétaires des lieux inoccupés du quartier : on me demande deux euros par copie, ce qui me limite dans mes recherches. Après sélection de trois endroits, je contacte les propriétaires, mais cela n’a rien donné à ce jour. Ma petite expérience en dit long sur la léthargie du système à une époque où tout le monde se plaint de la crise. Si vous avez des idées à me soumettre, je les accueillerai en tout cas avec plaisir. Voici mon annonce, elle est toujours valable : Propriétaire recherche dans le quartier local genre ancienne boutique, à louer en bail précaire ou bail commercial sans reprise ( entre 300 et 380 euros environ d'une vingtaine de M2) pour installer une activité d'artisanat d'art, non salissante, non bruyante. Un point d'eau suffirait. je suis prêt à rafraichir les lieux si les conditions sont raisonnables. Bonnes garanties. Loiseauv@wanadoo.fr
Vincent Loiseau |
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Du nouveau rue Neuve-de-la-Chardonnière(1er novembre 2003) ça y est, c'est officiel, il n'y a plus de terrain vague en face de chez nous. On a même mis des voilages à nos fenêtres, en prévision des futurs vis-à-vis, c'est vous dire que c'est officiel. Pourtant, quand on les a vu débarquer avec leurs casques, leurs grosses machines bruyantes, leur panneau « Interdiction de stationner, sortie de camions » sur la porte du chantier, on n'y a pas cru. Vous pensez, ce n'était pas la première fois qu'"ils" investissaient le terrain mais, jusque là, les herbes folles en avaient toujours eu raison. Mais ce coup-ci, ils sont restés. Et, une fois que c'est planté, c'est fou ce que ça pousse vite, le béton. Pas une herbe folle ne peut s'aligner. Une couche de parking, une couche de rez-de-chaussée et les voilà déjà qui attaquent le deuxième étage. Qu'est-ce qu'ils construisent ? Une cité-U. Enfin, c'est comme ça qu'ils appellent ça (*). Nous, on y voit plutôt un vivier de baby-sitters à portée de mains. Dommage, depuis que MVS lutte pour que ce projet voit le jour (merci à eux !), les enfants ont eu le temps de grandir. Mais ça donnerait presque envie d'en refaire. Presque. Et vous imaginez le quartier, dans quelques années ? Ses librairies, ses p'tits restos, ses bars sympas et, qui sait, ses cinémas ? On va tout rebaptiser : la rue Herman-la-Huchette, le métro Saint-Sulplon, le jardin du Lux-sauvage, la rue Neuve-de-la-Mouffetard ! Manquerait plus qu'ils nous trouvent des arènes de Lutèce sous l'Ornanum, quand ils le retaperont ! Quoi ? On peut toujours rêver, non ? Régix,
4,
rue Neuve de la Chardonnière. Vous savez, en face de la cité-U (ça a quand même
une autre gueule !) (*) Euh, Régix, sans vouloir en rien diminuer ton enthousiasme, c'est une résidence universitaire d'un peu moins de 80 lits ; un peu plus modeste qu'une cité-U, donc ; mais c'est beau quand même de la voir pousser là, c'est sûr ! (note de l'administrateur). |
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Photo du chantier prise en septembre 2003. On a encore du mal à imaginer une résidence universitaire ! Mais les choses ont beaucoup progressé depuis ! |
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TIRER LES LEÇONS DE L'AFFAIRE MdM (15 mai 2003)
L'émoi suscité par le projet d'installation de Médecins du Monde rue de Clignancourt est retombé ; le temps est venu de tirer les leçons d'une affaire qui a réveillé une mobilisation rarement vue dans le quartier mais laisse un goût amer à ceux d'entre nous qui auraient aimé que l'esprit de solidarité l'emporte. On peut comprendre que le projet de MdM ait suscité un tel émoi dans un quartier longtemps laissé à l'abandon par les pouvoirs publics ; dont les quelques façades haussmaniennes ne sont que le cache-misère d'une précarité sociale plus répandue qu'il n'y paraît et du délabrement de nombreux immeubles ; dont les habitants, à bout de patience, constatent qu'il faut des années, pour ne pas dire des dizaines d'années, pour obtenir la moindre promesse d'amélioration de leurs conditions de vie et de leur environnement et que ces améliorations, une fois promises, tardent encore à se réaliser concrètement ; qui constatent qu'on fait la sourde oreille à leurs demandes répétées de relance d'une économie locale sinistrée mais qu'on ne daigne pas les consulter, ni même les informer, sur l'implantation d'un centre de soins et d'accueil comme celui que prévoyait MdM. Là est sans doute la faute des responsables de MdM : avoir pensé pouvoir mettre les habitants devant le fait accompli. Sans parler de la maladresse consistant à justifier cette implantation par la modicité des loyers dans le quartier ... Ils auraient sans doute trouvé une population mieux disposée s'ils avaient pris la peine de l'informer et de lui expliquer leur projet en amont et s'étaient efforcés de rechercher avec elle, les associations, les élus et les services de la ville les solutions et les aménagements à même d'apaiser les craintes et d'éviter les tensions. Il aurait ainsi fallu définir un protocole de fonctionnement du centre offrant les garanties nécessaires à son intégration "en douceur" et chercher avec la Ville de Paris les moyens, financiers en particulier, de répartir les missions de MdM sur deux lieux différents, plutôt que de tout concentrer au même endroit. Et pourquoi ne pas prévoir la participation à la gestion du centre d'un conseil comprenant, outre la direction de MdM, des représentants des habitants et des associations, des représentants des pouvoirs publics et des élus, ce qui aurait été une véritable mise en pratique de cette démocratie de proximité dont on se gargarise tant mais qui reste largement à inventer ? Il ne fallait pas « charger la barque », a soutenu un élu relayant l'opposition des habitants au projet de MdM. Certes. Mais la situation n'aurait-elle pas été différente si les pouvoirs publics n'avaient pas laissé pendant des années la barque prendre l'eau et le quartier se dégrader, s'ils avaient agi plus vite et plus efficacement pour remédier à cette dégradation ? Là encore la population aurait sans doute été mieux disposée à l'égard du projet de MdM si elle avait eu davantage le sentiment que ses propres problèmes étaient traités ou en voie de règlement. Reste que certains titres - « Médecins du Monde interdit de séjour au Simplon » ou « Pas de pitié pour les gueux » (Le 18e du mois) - font mal au cœur et nous interpellent directement, nous, habitants du quartier Amiraux-Simplon, parce qu'ils disent une vérité dérangeante. La vérité est qu'un pays comme la France et une ville comme Paris, pourtant parmi les plus riches du monde, manquent dramatiquement de structures pour s'occuper de leurs exclus. La vérité est que ce sont des associations comme Médecins du Monde qui s'efforcent de pallier les carences des pouvoirs publics. La vérité est que des structures comme celle que MdM voulait installer rue de Clignancourt sont partout rejetées, en particulier des quartiers « chics » - « Cachez cette misère que je ne saurais voir ... » - mais pas seulement, la preuve. Est-ce que cela veut dire qu'il faut renoncer à soigner les gens sans couverture sociale ? Renoncer à réinsérer dans la société les toxicomanes ou ex-toxicomanes ? Laisser les sans domicile fixe et les prostituées à leur misère ? Et tant qu'on y est, laisser prospérer les filières mafieuses qui exploitent cette misère ? Ne vaut-il pas mieux installer ce type d'équipements là où les problèmes auxquels ils sont censés répondre se posent effectivement, fût-ce en prenant les précautions nécessaires pour que la population environnante n'en souffre pas ? Et sinon, où donc s'installeront ces structures dont personne ne peut nier l'utilité ? Et comment prétendre « réinsérer » les exclus si on refuse de faire le premier geste qui faciliterait cette réinsertion, offrir un lieu de soins et de conseils ? Enfin, s'il est assez facile de trouver une majorité pour dire «non», il est beaucoup plus difficile d'en trouver une pour s'investir dans la recherche de solutions. Il ne faudrait pas que le Conseil de quartier ne soit que la caisse de résonance des rejets et des refus : ce serait le pire usage que l'on puisse faire de la démocratie de proximité. Et puis demandons-nous enfin : qui sera assez culotté, maintenant, dans un quartier qui les a rejetés, pour appeler les Médecins du Monde à la rescousse quand il ou elle trouvera un SDF ou un toxicomane malade ou mourant devant sa porte ? Emmanuel Jarry |
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MEDECINS DU MONDE, LE DEPUTE,
LA JOURNALISTE ... ET LES AUTRES
(22 mai 2003) Je n'ai guère apprécié la manière tendancieuse dont une journaliste du "18ème du Mois" a exploité les déclarations de Christophe Caresche, député de la circonscription, dans son article de mai 2003 sur le refus du quartier Simplon de l'implantation de MdM. Si l'on passait sur le titre au caractère grossièrement provocateur ("Pas de pitié pour les gueux au Simplon"), on constatait à la lecture qu'elle ignorait sciemment le fond du problème et de la pensée de M. Caresche, en s'attachant, assez hypocritement il me semble, au mot à mot de sa déclaration, en s'étonnant de l'amalgame qu'aurait fait ce dernier entre le centre que MdM souhaitait installer dans notre quartier et l'hôtel social ouvert récemment à l'emplacement de l'ancienne clinique Ordener. Il n'échappera à personne (et encore moins à une journaliste ...) que dans les deux cas, il s'agit bien de structures à caractère social qui amènent dans ce quartier une population en grande difficulté. Et personne ne peut non plus ignorer (sauf peut-être quelque journaliste ...) que les habitants du quartier Simplon en ont ASSEZ ! Quelle que soit la nécessité de développer ces structures, quelle que soit leur utilité, il est aujourd'hui clair, et tous les responsables politiques l'ont enfin compris, qu'ils soient de droite ou de gauche, que les quartiers populaires du nord-est parisien sont au bord de l'asphyxie sociale et qu'il n'est plus possible de "charger la barque" mais bien nécessaire de trouver d'autres lieux, dans d'autres quartiers, afin de rééquilibrer la situation. Je tiens en tout cas à manifester par ce texte mon entière solidarité d'acteur du terrain, en tant qu'habitant de ce quartier depuis près de 25 ans et en tant que directeur d'école publique qui a concrètement constaté ces derniers mois les difficultés supplémentaires que lui apportent la population relogée au 32 rue Ordener, avec les propos du député de la circonscription, qui a parfaitement compris le malaise des habitants de ce quartier déshérité et a su le défendre lors cette délicate affaire. Thierry Laigle |
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