Archives - Editoriaux |
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"Envoyé spécial" à Amiraux-Simplon (octobre 2003) Le boulevard Ornano attendra (mars 2003) |
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« ENVOYE SPECIAL » A AMIRAUX-SIMPLON (octobre 2003) Le quartier Amiraux-Simplon a rarement l'honneur des médias, si ce n'est à l'occasion de quelque fait divers ou du tournage de polars en mal de décors glauques. Il a perdu la plupart de ses activités économiques. Il n'a pas de patrimoine architectural célèbre, hormis l'immeuble d'Henri Sauvage que, d'ailleurs, la Mairie de Paris semble ignorer. Il n'est ni « branché » ni « tendance », ni assez riche en réserves foncières pour attirer de grands projets (en dehors, sur ses marges, du futur siège de Emi Music France). Pour toute richesse - et c'est déjà beaucoup - le secteur Amiraux-Simplon a conservé une vie de quartier, une vie associative dynamique, un tissu urbain à dimension humaine (même s'il est souvent très dégradé) et la diversité de ses habitants, qui continuent à communiquer entre eux, contrairement à ce qui se passe malheureusement de plus en plus à Paris. Et voilà qu'une équipe de France 2 se penche sur notre quartier pour illustrer, avec d'autres exemples (à Lyon, notamment), le phénomène baptisé « NIMBY » (« Not in my backyard », autrement dit, « pas dans mon jardin ») dans les pays anglo-saxons. Les habitants d'Amiraux-Simplon refusent que leur quartier, déjà défavorisé à bien des égards, soit uniquement considéré comme un territoire où concentrer des infrastructures destinées à tout ce que Paris compte d'exclus, sans que les Pouvoirs Publics ne se préoccupent des autres aspects de la vie quotidienne : résorption de l'habitat insalubre, création d'espaces verts, création d'équipements correspondant à une importante population d'enfants et d'adolescents, revitalisation du commerce et des activités économiques, etc. Lors du Conseil de quartier d'avril, les habitants ont ainsi rejeté le projet d'installation de la « mission France » de « Médecins du Monde » au 138 rue de Clignancourt (voir en pages Nouvelles du quartier et Forum). Message entendu par les élus, qui ont ensuite opposé leur veto à l'attribution d'un local, rue des Amiraux, à une association s'occupant de la distribution du courrier aux SDF, association à laquelle un autre lieu a été proposé dans un quartier plus favorisé. Le mensuel d'informations locales « Le 18ème du mois » a stigmatisé dans ses deux derniers numéros l'attitude de la population du quartier et des élus sous le titre « Pas de pitié pour les gueux », sans s'interroger sur les raisons qui ont conduit à cette attitude. Les médias se sont emparés du dossier et France 2 a donc mobilisé une équipe d'« Envoyé spécial », que MVS a accompagnée en septembre dans une visite du quartier et dont le reportage, qui ne concernera pas uniquement Amiraux-Simplon, sera programmé début novembre. En ce qui concerne Amiraux-Simplon, le projet d'Envoyé spécial consiste notamment à confronter les témoignages des habitants recueillis lors du conseil d'avril (l'équipe de France 2 était présente) et certaines réalités du quartier (drogue, prostitution ...). En clair, il s'agit de distinguer ce qui relève du fantasme et de la réalité. Nous avons répondu aux questions d'Envoyé spécial en mettant en avant le message qui n'a pas varié depuis la création de notre association : délaissé depuis des décennies par les pouvoirs publics, notre quartier a besoin de projets revalorisants et non de projets qui contribueraient à le stigmatiser. En partie sous l'impulsion des associations, les élus ont pris conscience des attentes des habitants. Mais leur rôle ne doit pas se cantonner au domaine du refus : nous attendons des élus des propositions constructives dans les domaines les plus essentiels pour la vie du quartier. Par exemple, pourquoi la Ville n'exerce-t-elle pas un droit de préemption sur les locaux commerciaux à vendre ? Cette démarche, couramment pratiquée dans certaines municipalités de banlieue, permettrait de construire une offre en direction d'entrepreneurs individuels dont l'activité correspond aux besoins du quartier, notamment dans le domaine du commerce d'alimentation. Il y a bien d'autres domaines d'action pour améliorer le quartier : la création d'espaces verts, de terrains de jeux, la création d'équipements culturels, comme la remise en service du cinéma Ornano 43, l'installation d'artisans, le développement des activités en général ... Et que dire de l'absence totale de librairie dans un quartier de plus de 10.000 habitants avec une forte concentration scolaire ?. Les opérations « Paris plage » ou « Nuit blanche », c'est bien ; mais il faut désormais mieux prendre en compte ce qui fait la vie concrète des Parisiens, et en particulier des moins favorisés, au quotidien. Philippe le Gallo, président de MVS P.S : l'émission a été diffusée le jeudi 19 février 2004. |
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Le boulevard Ornano attendra !(mars 2003) Comme chaque année, Bertrand Delanoë est venu le 22 mars saluer le Carnaval du Simplon, avec Christophe Caresche, député, et Bruno Sarre son conseiller pour le XVIIIe. Cette visite a été l'occasion de faire part au Maire de Paris de notre satisfaction en ce qui concerne l'accélération des procédures pour les projets de rénovation des secteurs dégradés du quartier et la création d'un équipement polyvalent correspondant à nos demandes. Mais sur le dossier, qui a mobilisé MVS au début de l'année, la déception est grande : Bertrand Delanoë nous a informé qu'il n'y avait aucune possibilité de financer sous l'actuelle mandature la transformation du boulevard Ornano en «espace civilisé», à l'instar de ce qui est prévu pour d'autres boulevards de l'arrondissement. Nous lui avons de nouveau fait valoir que le boulevard est, selon les statistiques de la préfecture de police, un des axes de Paris les plus dangereux. Le maire a alors demandé à ses collaborateurs que soit examinés les aménagements susceptibles d'améliorer rapidement la sécurité des piétons et de faciliter la circulation des autobus. Nous attendons avec impatience des actes qui ne soient pas des mesurettes : le boulevard ne doit pas être condamné à rester l'une des voies les plus polluées, les plus encombrées, les plus bruyantes et les plus sales de la capitale pendant encore des années. Combien de personnes atteintes de troubles respiratoires ? Combien de personnes malades du bruit ? Combien de piétons renversés ? (*) Cette différence de traitement par rapport aux autres boulevard du XVIIIe est une injustice. Nous continuerons à tout mettre en œuvre pour que soient entendues les aspirations des riverains du boulevard Ornano. Philippe Le Gallo, président de MVS
(*) Nous avons cependant pu constater ces derniers temps une amélioration sensible du nettoyage du boulevard les jours de marché et la quasi-disparition des camions-vantouse. |
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Huit ans déjà !(janvier 2004) MVS entame sa huitième année d'existence et d'action. Une telle longévité n'est pas si fréquente pour une association de quartier. Surtout pour une association qui a toujours refusé toute forme d'institutionnalisation : pas de locaux, pas de subvention, pas de permanent. Uniquement un journal financé par les adhérents, un site internet, un solide groupe d'amis, des liens avec la population et les commerçants et beaucoup de bonne volonté. Depuis 1996, MVS s'est efforcée de relayer les aspirations des habitants du quartier et de défendre une conception humaniste et équilibrée de la rénovation urbaine. Il a fallu, il faut et il faudra encore se battre, mois après mois, contre les pesanteurs, les lenteurs, les négligences, l'inertie, la tentation du renoncement ou de la facilité de pouvoirs publics dont la logique paraît trop souvent réglée sur le calendrier électoral ou étroitement administrative. Il serait faux de dire que rien n'avance. La floraison de panneaux de chantiers rue des Poissonniers, rue du Nord, rue Emile-Chaine, rue Boinod, la récente inauguration de la crèche de la rue des Amiraux, l'achèvement de la nouvelle école de la rue Boinod et des logements voisins, la construction de la résidence universitaire de la rue Neuve-de-la-Chardonnière sont autant de signes que les choses bougent enfin, après une longue, longue patience, des heures de discussions, des dizaines de courriers, des coups de colère, aussi. Est-ce à dire que sans MVS, rien ne se serait fait ? Non, bien sûr ! Mais sans notre modeste aiguillon, ces projets n'en seraient sans doute pas tous là, n'iraient pas dans le même sens ou seraient même, pour certains, encore dans les limbes. La vie associative est un terrain idéal pour cette démocratie de proximité qui reste pour une grande part à inventer. Et il reste tant à faire dans notre quartier. Alors, s'il y en a parmi vous, adhérents de MVS, qui veulent rejoindre le bureau de l'association pour s'impliquer plus activement dans cette vie de quartier et dans le suivi concret des dossiers, qu'ils n'hésitent pas à se faire connaître : la porte leur est grande ouverte. Quant aux habitants du quartier Amiraux-Simplon qui souhaitent simplement apporter leur soutien à MVS, ils trouveront un bulletin d'adhésion en page Tout sur MVS. Philippe Le Gallo, président de MVS |
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Triangle d’or et trou noir(janvier 2004) Il y a des omissions qui en disent long. L’hebdomadaire Zurban a consacré en octobre sa couverture et six pleines pages de son numéro 163 au « nouveau triangle d’or du 18e », qui émergerait entre Barbès, Marcadet et la rue du Poteau, en passant par Château-Rouge, la ZAC Pajol, la cour du Maroc et ses futurs Jardins d’Eole, le marché de La Chapelle et les portes Montmartre et Clignancourt, à coups de « projets herculéens », de chantiers, d’installations de grandes marques et de boutiques branchées ; ce que Zurban appelle « Le Grand Lifting du 18e ». Pas un mot sur le quartier Amiraux-Simplon et ses projets de rénovation à taille humaine, beaucoup plus modestes mais arrachés de haute lutte. Comme si notre quartier et ses 10.000 habitants, trop longtemps négligés par les pouvoirs publics, avaient encore du mal à faire reconnaître leur existence et leur aspiration à un « mieux vivre » respectueux de leur diversité. Comme si, au milieu du triangle d’or, un trou noir avait englouti le quartier Amiraux-Simplon. |
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