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   Et si nous allions voir ...

Grâce à l'initiative de riverains, il y aura désormais à Paris 

une place Michel Petrucciani

Elle a été inaugurée le 5 juillet 2003 par le maire de Paris, Bertrand Delanoe

 

Détail

 

 

 

 

A l'angle des rues Sainte-Isaure et Duhesme

Catherine Hertaut

Catherine Hertaut

EdEdouard Detmer, ami d'enfance de Michel Petrucciani

et auteur de la mosaïque

Edouard Detmer au travail

L'inauguration, en présence d'Alexandre Petrucciani,

le fils de Michel

 

 

 

"Mon père avait une place dans le monde de la musique, il a maintenant une place à Paris", a déclaré Alexandre Petrucciani à l'issue de l'inauguration de la placette qui portera le nom du pianiste de jazz mondialement connu Michel Petrucciani, mort en 1999 à 37 ans. "Il n'a pas seulement une place à Paris ; il a une place dans le coeur de Paris", a renchéri Bertrand Delanoë, entouré d'une brochette d'élus du XVIIIe arrondissement et de la famille du musicien.

C'était le 5 juillet 2003 ; plusieurs centaines de personnes étaient venues à l'angle des rues Sainte-Isaure et Duhesme assister au baptème officiel de cette placette ombragée et ornée d'une mosaïque représentant un piano.

 

Le couvercle du piano "est coloré comme la musique de Michel, qui rayonnait partout", explique Edouard Detmer, peintre et sculpteur, auteur de la mosaïque. Celle-ci porte en son centre, au milieu d'un soleil, l'inscription "MUSIC", titre d'un album du musicien, qui habitait dans le XVIIIe arrondissement.

 

L'aménagement de cette placette est dû à l'initiative d'une habitante du quartier, Catherine Hertaut, qui a mobilisé les commerçants et les riverains pour qu'elle ne soit plus transformée régulièrement en dépôt d'ordures et en rendez-vous de dealers. L'idée est née lors d'un repas de quartier organisé à cet endroit-même mais la touche finale doit aussi beaucoup à la rencontre fortuite entre Catherine Hertaut et Edouard Detmer, dans le salon de coiffure voisin.

 

"C'était il y a deux ans. La coiffeuse était ma propriétaire ; j'étais venu payer mon loyer. Catherine cherchait un nom pour la place. Je lui ai dit pourquoi pas Michel Petrucciani ? A un quart d'heure près, ça s'appellerait peut-être général Gallieni !" raconte Edouard Detmer.

 

"Catherine a fait passer une liste d'une dizaine de noms auprès des habitants du quartier et les gens ont plebiscité Petrucciani. Après, elle m'a appelé pour aller à une réunion avec le maire", poursuit-il. "Au départ, il était envisagé de faire une peinture éphémère. J'ai proposé de faire quelque chose en mosaïque."

 

Né à Paris en 1955, Edouard Detmer est un enfant de la DDASS. Il a fait la connaissance de Michel Petrucciani à Montélimar où les parents du pianiste avaient un magasin de musique. "Quand je voulais un disque, c'est là que j'allais. J'ai commencé à donner un coup de main à ses parents. Il avait six ou sept ans, moi 12 ou 13. Un jour son père m'a demandé de l'aider à monter un piano dans l'appartement. C'était un piano pour Michel. C'est là que j'ai appris son existence. Il jouait déjà comme un Dieu", explique-t-il.

 

La confection de la mosaïque a duré 40 jours pendant lesquels Edouard Detmer a été une véritable attraction pour les passants des rues Sainte-Isaure, Duhesme et Versigny. L'inauguration initialement prévue le 14 juin a été reportée à cause de retards accumulés, notamment du fait des intempéries. Finalement, Edouard Detmer a dû travailler jusqu'à 3h30 du matin dans la nuit du 4 au 5 juillet pour achever son oeuvre à temps. "J'ai fait ça pour Michel. Il avait une volonté, une puissance de travail, une intelligence hors pair."